mercredi 18 mai 2016

De père en fille



Il y a 15 ans de cela tu m’as créé, puis sans t’en rendre compte, tu m’as détruite aussi sûrement que je suis née.
Tu nous as abandonné, la femme de ta vie et moi-même, seules et orphelines de ton amour.
Tu es la personne que je devrais le plus aimer au monde et pourtant tu es celle que je déteste le plus.

Ne sait-tu pas que parfois, je pleure dans ma chambre parce qu’un garçon m’aura fait souffrir et que tu n’es pas là pour me réconforter.
Je suis en train de grandir mais tu n’es pas là pour le voir, je découvre tant de choses de la vie, je suis confrontée à tant d’obstacles et personne pour me guider, m’orienter.
Mais malgré tout cela je dois te remercier d’une chose. Tu m’as appris très tôt qu’on ne peut avoir confiance en personne et surtout pas en la gente masculine. Je me suis endurcie plus qu’une fille de mon âge ne devrait à avoir le faire. Je suis devenue plus forte grâce à toi. Peut-être trop… Depuis, je refuse de m’ouvrir totalement et j’ai perdu l’innocence que je peux lire dans les yeux de mes copines qui pensent encore que le plus fort c’est leur père…


Aujourd’hui j’ai 30 ans et je m’apprête à marcher vers l’autel pour épouser l’homme que j’aime. Tu ne seras évidemment pas là et cela me déchire. Petite, on rêve d’un grand mariage avec toute sa famille autour et bien entendu son père pour nous mener au pied de son futur mari. Aujourd’hui ce sera mon meilleur ami qui, faute de mieux, te remplacera. Bien sûr cette absence ne m’empêchera pas de savourer ce qui sera le plus beau jour de ma vie, mais au moment de passer devant ma mère qui sera très certainement en larmes je ne pourrais m’empêcher de penser à toi…. Mon mari m’a appris à de nouveau aimer les hommes, à les connaître, et si lors de mon adolescence je pensais que tu étais simplement un connard qui prenait plaisir à nous faire souffrir maman et moi, aujourd’hui je sais que ce n’était pas le cas. Tu étais juste trop lâche pour faire face à tes responsabilités, pour assumer ta position d’homme, de père et de mari tout à la fois. A mon tour je vais devenir femme et en regardant les yeux de celui qui va m’épouser je sais qu’il ne sera pas comme toi, qu’il sera fort, qu’il saura me protéger et rester auprès de moi.


Aujourd’hui j’ai 46 ans et ma fille de 15 ans vient de claquer la porte de sa chambre en pleurant et en m’invectivant d’insultes plus grossières les unes que les autres.
Elle ne peut pas comprendre que si parfois je lui interdis certaines choses c’est juste pour son bien. Elle ne peut pas comprendre non plus que parfois les parents aussi font des erreurs car avant d’être parents ils n’en sont pas moins humains.
Et même avec les meilleures intentions du monde il peut arriver que l’on commette des erreurs…
Je commence a comprendre Papa… et je pense aujourd’hui être capable de te pardonner tout le mal que tu m’a fait. J’attendais de toi comme toutes les petites filles que tu sois parfait, que tu sois toujours là pour moi, mais tu ne le pouvais pas. Je ne t’ai jamais reparlé depuis ce jour où tu as franchi le palier de notre appartement, je ne peux donc pas savoir quelle est ta version des faits, mais aujourd’hui je crois être capable d’envisager la possibilité que tu es eu de bonnes raisons pour partir, que je n’étais pas la cause de cette décision pas plus que ne l’était ta lâcheté.

Aujourd’hui je sais ce que c’est d’être parent, aujourd’hui pour la première fois je te pardonne….

Mais il est trop tard.

Etre un homme

                                                          

On entend souvent les femmes et les âmes bien pensantes se plaindre du diktat imposé par les médias à la gente féminine, obligée de soutenir la comparaison au quotidien avec les filles des magazines, films et autres publicités, toutes minces comme des files et siliconées là où il faut. Loin de moi l’idée nier cette évidence et pourtant je ne peux m’empêcher de m’émouvoir devant le peu de cas fait par ces mêmes personnes du calvaire enduré par l’homme moderne, entendez, l’homme vivant dans une société elle-même moderne c'est-à-dire une société qui se féminise à outrance.

L’homme d’aujourd’hui grandit avec la voix de sa douce mère lui racontant des histoires de belles princesses et surtout de beau et preux chevalier servant. Tout est dit. Plus tard, mon fils, tu seras beau, courageux et au petit soin pour ta femme où tu ne seras point !

Quelques années après, l’enfant grandissant et le désir apparaissant en même temps que la testostérone dans le corps, le petit homme se confronte à l’espèce autrefois ennemie des cours de récré. Et là patatra, il se rend compte avec effroi que le coup du gentil garçon romantique et attentionné ça ne marche pas ! Que diable ! Lui aurait on donc mentis ?
Oui mon petit, les filles de contes de fée n’ont mais alors rien avoir avec les filles de notre bien triste réalité, car en sus d’être largement moins féerique, elles ont le toupet d’être bien plus exigeante. Les filles elles veulent un mec et un vrai !

Notre petit bonhomme ayant compris ça (la nature, heureusement bien faite, la dotée d’un cerveau pour s’adapter à ceux qui n’en n’ont pas) décide de changer de tactique (qui à dit « du gendarme » dans les rangs !?) et de devenir plus macho (« macho, macho man, i want to be a macho man »).
Que n’avait-il pas fait comme erreur là. Un mec oui, un macho non ! En gros elles ne veulent pas d’un mec dit « sensible » mais en revanche ont fortement besoin d’un garçon qui les comprenne (si, si, d’après elles c’est possible !), la nuance entre compréhensif et sensible est sans doute trop subtil pour de pauvres brutes épaisses comme nous mais il faut croire qu’elle existe.

Penchons nous d’ailleurs quelques instants sur ce terme de compréhensif que ces femelles nous ressortent à tous bout de chant pour nous faire comprendre que nous ne sommes que des rustres. Compréhensif dans la bouche de l’une d’elle signifie :

  •   Être compréhensif quand elle passe 3h au téléphone, ou sur Internet, avec sa meilleure amie qu’elle a quittée en fin de journée, au lieu de s’occuper de nous, mais de comprendre également qu’elle nous pique une crise dès qu’on à le malheur de la délaisser le temps d’un match de foot à la TV (soit 2h maxi).

  • La suivre pour faire le shopping le samedi (à l’heure du match de préférence) sans jamais se plaindre tandis que la belle met 3 plombe à choisir UNE malheureuse paire de chaussures hors de prix (ce n’est pas elle qui paye de toute façon.). Quand elle demande un avis, surtout comprendre qu’il ne faut pas le lui donner car de toute façon elles sont toutes persuadées que les hommes n’ont aucun goût à part leur meilleur ami homo. Ce à quoi on pourrait leur répondre qu’effectivement si on avait un tant soit peu de goût on ne serait pas avec elle. (Non par pitié ne le faîte pas, le canapé n’est pas assez confortable pour dormir.)

  • Comprendre ses humeurs mensuel, sa mère (ah la belle-mère ! galère, galère !), savoir l’écouter nous raconter sa journée dans les moindres détails (savoir que le patron couche avec la secrétaire c’est tellement mieux que ce putain de match de foot que tous vos potes regardent sauf vous !)

  • Comprendre les scènes à répétitions dès que vous avez le malheur de regarder une autre fille qui passe mais comprendre qu’elle s’extasie pendant une heure sur les muscles saillant de leur prof de fitness.

  • Comprendre qu’elle est besoin de ses soirées entre filles où vous êtes indésirable mais qu’elle s’incruste dans vos soirées entre potes pour vous rappelez de descendre la poubelle, border le petit où baisser le son parce qu’elle essaie de dormir et que si elle n’y arrive pas le lendemain elle aura des cernes et elle ne veut pas paraître négligé devant François son patron. (NON ! pas de crise de jalousie malheureux ! Sinon vous êtes « étouffant » ! L’hôpital qui se fout de la charité vous connaissez ?...)


Bref être compréhensif, c’est accepté tout et surtout que elle n’accepte rien.

Revenons à notre petit bonhomme devenu grand, après s’être encanaillé auprès d’une amie de sa mère en mal de jeunes puceaux où d’une anglaise friande d’échange européen.

Le voilà donc entrain de draguer la gueuze en boîte. Attention danger ! Si vous avez le malheur de vous approchez trop près d’elles sur la piste de danse, vous n’aurez le droit qu’au fameux «  il est lourd ! », bien entendu ne nous offusquons pas que ce discours se fasse dans une tenue où les formes sont moulés à souhait et où les seins suivent le rythme de ces corps qui se trémoussent jusqu’à plus soif ! Après tout, nous ne somme plus à une contradiction près de leur part.

Mais admettons que notre jeune homme est réussi à « chopé ». Bien des obstacles l’attendent encore. Si il a le malheur de la rappeler dès le lendemain il est de suite étiqueté « collant ». En revanche si il le ne l’appel pas, il est automatiquement qualifié de « goujat qui ne cherche qu’a la sauté » ! Faîtes vos choix messieurs !
Mais admettons que notre cobaye est eu le bon timing (cherchez pas c’était un coup de bol !) et qu’il s’installe dans une relation dîtes « sérieuse » alors là les vrais ennuies commence.

Il doit l’appeler souvent mais pas trop pour ne pas l’étouffer. Être attentionné, doux, câlin, mais surtout lui laisser de l’espace, être indépendant et avoir du caractère, être mystérieux et distant mais pas trop bien entendu…. Bref un homme parfait !

Admettons (c’est fou le nombre de chose que l’on doit admettre !) que cela soit le cas et que les deux tourtereaux fonde une famille. L’homme doit être ambitieux et travailler, mais la laisser travailler et vivre sa vie de femme indépendante, et comme femme indépendante ne correspond pas vraiment à l’image de la femme au foyer, vous devez savoir vous occupez de la cuisine, des enfants et même du ménage si c’est possible ! Tout en faisant attention bien sûr à rester un mec ! Un vrai ! Vous auriez l’idée vous d’aller demander a John Wayne ou Clint Eastwood d’aller promener le bébé dans la poussette ?

Voilà mesdames d’une manière
très, très résumé ce que nous vivons pour vous au quotidien.

Nous vous aimons profondément et sans vous sans doute serions nous perdu mais par pitié laissez nous tranquilles ! Laissez nous avec vos ongles cassés, les peignoirs de bain pas accordés, vos kilos en trop ou en moins, vos seins trop petit ou trop gros, votre mère, votre meilleure amie dépressive, votre meilleur pote gay qui pense que l’on devrais se relooker pour paraître plus jeune, nos poignets d’amour et notre cholestérol, laissez nous nous gratter les couilles devant ce putain de match de foot, bref soyez des femmes et laissez nous être des hommes !

Après tout la diversité y a que ça de vrai, non ?

samedi 26 décembre 2015

Dieu







La science avancerait trop vite. Certains pensent que l'homme se prend pour dieu et que cela devient dangereux. Je ne suis pas d'accord.

Vous, scientifiques de tout domaine, continuez vos recherches, allez au fond des choses, apprenez tout de l'être humain et peut être, alors un jour, finirons nous par découvrir l'ultime secret.

Peut-être serons-nous alors capable de transférer les âmes, de les modifier, de les créer. Alors vraiment nous serons l'égal des dieux.

Et peut être au final, au bout du bout, je pourrais enfin être heureux.

Quitter cette vie qui est la mienne, ce fardeau, pour une vie meilleure. Je serais alors un être lumineux et merveilleux, l'équivalent de mille vies bouddhistes, effacé de tous mes défauts.
Je serais intelligent et courageux, utile pour les autres et non pas ce boulet accroché comme une moule à son récif.
Sage également, pour ne pas souffrir et voir toujours le côté positif des choses.
Juste et faisant toujours le bon choix pour moi et ceux qui m'entourent, ne jamais faire souffrir.

Devenez des dieux créateurs et créez en moi l'homme parfait, alors je serais dieu et quitterait cette terre sur laquelle je me sens inutile.
Je rejoindrais les étoiles pour vous éclairer vous, mes amis que j'aime et à qui je tiens tant. Ainsi mon départ sera votre salue et moi, loin de vous, votre bonheur sera parfait et éternel...

Malheureusement il n'en est rien, je reste parmi vous, perdu et toujours accroché, vous voyant souffrir et ne pouvant rien pour vous, je vous afflige de ma présence inutile.

Pardonnez-moi de n'être que ce que je suis, dieu m'a fait et ne veux pas de moi à ses côtés...

jeudi 24 décembre 2015

Etoile



Étoile







  
  Elle rentre dans cette chambre d’enfance qui n’a pas changé.

Le reflet du soleil pâle d’octobre donne une atmosphère parfaitement adaptée, emprunte de nostalgie et de douceur.

Les souvenirs d’une enfance heureuse où elle ne manqua de rien pas même d’amour lui parviennent comme un écho du passé.

Elle marche doucement, lentement, comme si elle avait peur de briser cet instant magique où pour une fraction de temps on retombe en enfance.
Elle caresse doucement chaque meuble, chaque objet comme pour mieux replonger dans sa mémoire. Ses yeux parcours chaque centimètres carrés de cette pièce qui, un à un, lui rappel des moments de son histoire.

D’un coup ses yeux s’arrêtent. Elle fixe un mur, une image... 

Une larme coule sur sa joue, comme un éclair, comme un rayon de soleil qui déchire le ciel gris. Elle se rappel et comprend enfin. Comment avait-elle pu oublier ?

Sur le mur, une photo en noir et blanc, une danseuse étoile en plein vol.
Tant de fois, elle s’était demandé, enfant, qui pouvait être cette fille si belle et gracieuse, tant de fois elle s’était demandé à quoi pouvait bien penser cette ange qui semblait venir d’ailleurs, ce qu’elle pouvait ressentir lorsque les yeux étaient posés sur elle.
Bien des années plus tard elle le sait enfin.

Cet instantané pris par un photographe de passage, ce saut, n’est que le saut de la liberté. Cette fille qui danse est libre. La foule qui la regarde, admirative, les applaudissements, le crépitement des flashs, rien n’existe pour elle. Elle se situe dans un autre monde, la musique est le pont qui la relie à cet univers inaccessible au commun des mortels. Chaque geste, chaque pas d’une danseuse, n’est que transe. Libre de toute contrainte, même de la gravité. Mais danser ne signifie pas seulement être libre.

Danser est ce qui lui permet d’ être en vie.

Les danseuses sont pareilles à des boxeurs. 
Les sacrifices, les souffrances, l’effort, tous ce que nous jugeons, nous, comme des peines qu’ils s’infligent ne sont rien d’autres pour eux qu’une preuve de leur existence. Ils veulent se prouver qu’ils existent, qu’ils vivent et n’ont trouvés comme moyen d’exprimer cette ambition que leur sport, leur art et la souffrance qu’il exige.
Lorsqu’ils montent sur un ring, ou quand elles sont sur scène, alors que tant de gens s’extasient, eux ne rêve que d’une chose alors, atteindre la perfection. Ce moment indescriptible où ils auront décocher la droite parfaite où effectuer le saut de l’ange parfait.

Ce moment où cette danseuse et la grâce ne feront plus qu’un, où rien autour d’elle n’existera plus, où pour l’éternité un morceau d’elle-même restera en suspension… ou sur le mur d’une petite fille.

Elle sort de la pièce qu’elle referme doucement, descend les escaliers et sort de sa maison d’enfance.

Le soleil est en train de se coucher, elle ne sait plus trop combien de temps s’est écoulé dans cette chambre, dans ce voyage vers le passé, lorsqu’une petite fille arrive à sa hauteur.
Timide, celle-ci lui tend un bout de papier.

-« Madame s’il vous plaît, je pourrais avoir un autographe ? »

Elle lui sourit

-« Bien sûr ! Comment t’appel tu ? »

-« Léa, j’ai 7 ans ! »

Elle sourit à nouveau et signe sur le papier : « Pour la plus jolie Léa. Aurélie. »
Elle se penche et lui fais un bisou en lui rendant le sésame qu’elle espérait tant.

-« Merci madame. Vous savez quand je serais plus grande je veux devenir une danseuse ! Comme vous ! »

Et tandis que Léa s’en va rejoindre en courant sa maman qui l’attend, Aurélie la regarde.
Pour la deuxième fois de la journée elle pleure…

dimanche 20 décembre 2015

Mes amies


Mes Amies



  
Suis-je idiote ? Naïve ou stupide de croire en notre histoire, en notre amour ?
Hier, mes amies m’ont faite face, toute autant qu’elles sont, pour me dire qu’elles étaient contre ma décision, contre le fait que je veuille te donner une nouvelle chance, nous donner une suite.

Je les aime toutes, ce sont mes amies et je les respecte.  Aussi  les voir unanimes pour te juger, faire ton procès, a, je le confesse, ébranlé mes certitudes.

Pourquoi ne vois-je pas le démon que tu sembles être à leurs yeux ?

Simplement parce que leurs yeux n’ont pas plonger aussi intensément et profondément dans les tiens que mon regard a pu le faire.
Parce qu’elles n’ont pas vu tes larmes et ta souffrance. Parce qu’elles ne voient pas ta fragilité quand tu montres ton côté dur, elle ne ressente pas l’amour que tu me porte quand tu es si froid avec les autres. Ces autres qui t’importe peu du moment que tu es à mes côtés.

Elles n’entendent pas non plus les paroles que tu me susurres à l’oreille, elles ne sentent pas la chaleur de ton corps quand tu me prends tous les soirs dans l’obscurité de notre chambre, seuls au monde que nous sommes alors.
La douceur de ta main qui sert la mienne quand nous nous baladons, elles ne la ressentent pas.

Alors bien sûr tu n’es pas parfait, bien sûr notre histoire a été compliquée.

Tu m’as faite souffrir et pleurer, tu m’as parfois mal aimé, mais jamais n’as été violent physiquement et jamais ton intention était de me détruire.
Simplement, tu es toi et je suis moi, et il arrive parfois que deux être qui s’aiment se fassent du mal par leurs différences, leurs incompréhensions mutuelles.

Ma souffrance était, à ce moment-là, telle, que j’ai décidé de te quitter… pour m’apercevoir que ton absence était pire que ta présence,  que respirer sans toi n’était plus possible.

Alors nous avons décidé que notre amour, toujours bel et bien présent malgré tout, méritait mieux et nous avons parlé.
Parlé encore et encore, comme si après tout ce temps nous commencions seulement à nous connaître.

Une chose inattendue s’est alors produite. Au fur et à mesure de nos conversations, ce n’était plus seulement l’autre que nous apprenions à connaitre et comprendre mais également nous-mêmes. Nous avons appris de l’autre autant que de nous-mêmes et acceptés nos côtés sombres respectifs, nos fragilités, car, grosse surprise, si tu n’es pas parfait je ne le suis pas non plus.

Ensemble donc, nous avons en quelque sorte grandit et sommes plus fort aujourd’hui, individuellement et réuni tout à la fois.

Alors bien sûr je n’ai aucune garantie que nous passerons le reste de notre vie ensemble.
Je ne crois pas, du reste, à l’amour éternel. Bien sûr la vie va se faire un plaisir de nous mettre des embûches sur la route, mais pour  toutes les raisons évoquées et bien plus encore, j’ai envie de croire en nous une nouvelle fois, une ultime fois.
A vous, mes amies, qui semblaient désapprouver mon choix, au point, parfois, de me juger, je vous dirais alors ceci : Je vous aime profondément et sincèrement, je vous respecte en tant que femmes et personnes à part entière et serait toujours là pour vous, mais si vous me demandez de choisir entre lui et vous, je le choisirais.

Je le choisirais parce qu’il est le premier à se battre pour moi, le premier avec qui j’ai envie de croire que je mérite d’être heureuse. 
Si cela peut vous rassurer, soyez tranquille, je m’engage sereinement sur cette route qui me mène vers une destination inconnue. Je suis sereine car avec lui je n’ai plus peur de m’y engager, plus peur du vide.  

Comme le disait Alfred de Musset :

- « On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière et on se dit : j'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui.» Alfred de Musset, On ne badine pas avec l'amour (1834)

vendredi 18 décembre 2015

Miroir



Miroir









Une Grande pièce vide, les murs peints en blanc avec les moulures d’un plafond tout aussi maculé au dessus de sa tête.

Le parquet marron, si laqué qu’elle peut y voir son reflet, craque sous ses pieds. 

Au milieu, une glace géante trône avec son cadre fais de bois toujours blanc. Il est usé. Combien de reflet à t’il vu, elle ne le sait pas. 

A vrai dire, elle ne connaît pas cet endroit non plus, mais elle n’est pas inquiète. Elle s’approche lentement du miroir.
Au moment où elle s’y voit, elle se fige.

Quelle est cette personne, cette jeune fille en fleur. Son regard dans un premier temps lui semble familier mais elle ne le reconnaît pas tout de suite. Progressivement elle se souvient…

Sa main rejoint lentement ce visage, elle le caresse, les yeux dans le vide. Lentement, elle enlève les bretelles qui retiennent sa robe de nuit.
Lorsqu’elle tombe à ses pieds nu, son corps  se dévoile devant ses yeux, cette peau douce, ferme et blanche, ces seins dessinés, ces courbes si parfaite que l’on penserait que dieu lui-même les a créés.
Elle parcourt ce corps qui lui semble si étranger et qui provoque un mélange de désir et d’envie. Les souvenirs refont surface.
C’était l’époque de ses vingt ans, lorsque le printemps annonçait les beaux jours, les jupes courtes, l’amour à la plage avec celui qu’on aime. C’était l’époque où les yeux se posaient sur elle comme sur un gâteau au chocolat qu’elle aimait tant, où ses larmes pouvaient émouvoir quelqu’un…

Soudain le miroir se brouille, ce corps si parfait et désirable se flétrie, ces cheveux si lisse et brun devienne gris et échevelés. La peau ferme laisse place aux rides et à la flétrissure. Seul les yeux ne change pas, seul son regard effrayé par le spectacle de la vieillesse reste aussi pur et jeune.

Elle titube, part en arrière devant ce spectacle si atroce, ses mains empoignent ses cheveux comme pour les arracher, afin qu’ils disparaissent puis repoussent, tel le Phoenix
, aussi beau qu’avant.
Elle perd l’équilibre en hurlant des cris d’épouvante devant l’image de son futur. Elle tombe et se cogne la tête sur le sol.

Elle se réveille en sursaut, le souffle court, il lui faut quelques instant pour réaliser.

Ce n’était qu’un rêve, la voilà revenue dans son lit et sa couette, douillette et rassurante, la recouvre. Dans le noir elle parvient à dissocier la forme de son mari profondément endormi. Ses poignées d’amour et sa calvitie naissante lui saute aux yeux plus que de coutume.
Elle regarde l’heure affichée par son réveil. 6h15, dans un quart d’heure il faudra se lever pour préparer le petit déjeuner des enfants…

Après avoir repris son souffle, elle repose sa tête sur son oreiller, les yeux fixés au plafond…

«  Où est passé ma jeunesse, se dit-elle, où sont passés mes rêves ? Ce corps si beau qui n’étais que le mien voilà des années à disparue et toute mes joies et mes illusions avec. »

Elle se retourne vers son mari qu’elle n’aime plus vraiment et comprend…

« Est-il trop tard ? »…..