Mes Amies
Suis-je idiote ? Naïve ou
stupide de croire en notre histoire, en notre amour ?
Hier, mes amies m’ont faite
face, toute autant qu’elles sont, pour me dire qu’elles étaient contre ma
décision, contre le fait que je veuille te donner une nouvelle chance, nous
donner une suite.
Je les aime toutes, ce sont
mes amies et je les respecte. Aussi les voir unanimes pour te juger, faire ton
procès, a, je le confesse, ébranlé mes certitudes.
Pourquoi ne vois-je pas le
démon que tu sembles être à leurs yeux ?
Simplement parce que leurs
yeux n’ont pas plonger aussi intensément et profondément dans les tiens que mon
regard a pu le faire.
Parce qu’elles n’ont pas vu
tes larmes et ta souffrance. Parce qu’elles ne voient pas ta fragilité quand tu
montres ton côté dur, elle ne ressente pas l’amour que tu me porte quand tu es
si froid avec les autres. Ces autres qui t’importe peu du moment que tu es à
mes côtés.
Elles n’entendent pas non plus
les paroles que tu me susurres à l’oreille, elles ne sentent pas la chaleur de
ton corps quand tu me prends tous les soirs dans l’obscurité de notre chambre,
seuls au monde que nous sommes alors.
La douceur de ta main qui sert
la mienne quand nous nous baladons, elles ne la ressentent pas.
Alors bien sûr tu n’es pas
parfait, bien sûr notre histoire a été compliquée.
Tu m’as faite souffrir et
pleurer, tu m’as parfois mal aimé, mais jamais n’as été violent physiquement et
jamais ton intention était de me détruire.
Simplement, tu es toi et je
suis moi, et il arrive parfois que deux être qui s’aiment se fassent du mal par
leurs différences, leurs incompréhensions mutuelles.
Ma souffrance était, à ce moment-là,
telle, que j’ai décidé de te quitter… pour m’apercevoir que ton absence était
pire que ta présence, que respirer sans
toi n’était plus possible.
Alors nous avons décidé que
notre amour, toujours bel et bien présent malgré tout, méritait mieux et nous
avons parlé.
Parlé encore et encore, comme
si après tout ce temps nous commencions seulement à nous connaître.
Une chose inattendue s’est
alors produite. Au fur et à mesure de nos conversations, ce n’était plus
seulement l’autre que nous apprenions à connaitre et comprendre mais également
nous-mêmes. Nous avons appris de l’autre autant que de nous-mêmes et acceptés nos
côtés sombres respectifs, nos fragilités, car, grosse surprise, si tu n’es pas
parfait je ne le suis pas non plus.
Ensemble donc, nous avons en
quelque sorte grandit et sommes plus fort aujourd’hui, individuellement et
réuni tout à la fois.
Alors bien sûr je n’ai aucune
garantie que nous passerons le reste de notre vie ensemble.
Je ne crois pas, du reste, à l’amour
éternel. Bien sûr la vie va se faire un plaisir de nous mettre des embûches sur
la route, mais pour toutes les raisons
évoquées et bien plus encore, j’ai envie de croire en nous une nouvelle fois,
une ultime fois.
A vous, mes amies, qui
semblaient désapprouver mon choix, au point, parfois, de me juger, je vous
dirais alors ceci : Je vous aime profondément et sincèrement, je vous
respecte en tant que femmes et personnes à part entière et serait toujours là
pour vous, mais si vous me demandez de choisir entre lui et vous, je le
choisirais.
Je le choisirais parce qu’il
est le premier à se battre pour moi, le premier avec qui j’ai envie de croire
que je mérite d’être heureuse.
Si cela peut vous rassurer,
soyez tranquille, je m’engage sereinement sur cette route qui me mène vers une
destination inconnue. Je suis sereine car avec lui je n’ai plus peur de m’y
engager, plus peur du vide.
Comme le disait Alfred de
Musset :
- « On est souvent trompé
en amour, souvent blessé et souvent malheureux; mais on aime, et quand on est
sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière et on se dit :
j'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé. C'est moi
qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui.»
Alfred de Musset,
On ne
badine pas avec l'amour (1834)