samedi 26 décembre 2015

Dieu







La science avancerait trop vite. Certains pensent que l'homme se prend pour dieu et que cela devient dangereux. Je ne suis pas d'accord.

Vous, scientifiques de tout domaine, continuez vos recherches, allez au fond des choses, apprenez tout de l'être humain et peut être, alors un jour, finirons nous par découvrir l'ultime secret.

Peut-être serons-nous alors capable de transférer les âmes, de les modifier, de les créer. Alors vraiment nous serons l'égal des dieux.

Et peut être au final, au bout du bout, je pourrais enfin être heureux.

Quitter cette vie qui est la mienne, ce fardeau, pour une vie meilleure. Je serais alors un être lumineux et merveilleux, l'équivalent de mille vies bouddhistes, effacé de tous mes défauts.
Je serais intelligent et courageux, utile pour les autres et non pas ce boulet accroché comme une moule à son récif.
Sage également, pour ne pas souffrir et voir toujours le côté positif des choses.
Juste et faisant toujours le bon choix pour moi et ceux qui m'entourent, ne jamais faire souffrir.

Devenez des dieux créateurs et créez en moi l'homme parfait, alors je serais dieu et quitterait cette terre sur laquelle je me sens inutile.
Je rejoindrais les étoiles pour vous éclairer vous, mes amis que j'aime et à qui je tiens tant. Ainsi mon départ sera votre salue et moi, loin de vous, votre bonheur sera parfait et éternel...

Malheureusement il n'en est rien, je reste parmi vous, perdu et toujours accroché, vous voyant souffrir et ne pouvant rien pour vous, je vous afflige de ma présence inutile.

Pardonnez-moi de n'être que ce que je suis, dieu m'a fait et ne veux pas de moi à ses côtés...

jeudi 24 décembre 2015

Etoile



Étoile







  
  Elle rentre dans cette chambre d’enfance qui n’a pas changé.

Le reflet du soleil pâle d’octobre donne une atmosphère parfaitement adaptée, emprunte de nostalgie et de douceur.

Les souvenirs d’une enfance heureuse où elle ne manqua de rien pas même d’amour lui parviennent comme un écho du passé.

Elle marche doucement, lentement, comme si elle avait peur de briser cet instant magique où pour une fraction de temps on retombe en enfance.
Elle caresse doucement chaque meuble, chaque objet comme pour mieux replonger dans sa mémoire. Ses yeux parcours chaque centimètres carrés de cette pièce qui, un à un, lui rappel des moments de son histoire.

D’un coup ses yeux s’arrêtent. Elle fixe un mur, une image... 

Une larme coule sur sa joue, comme un éclair, comme un rayon de soleil qui déchire le ciel gris. Elle se rappel et comprend enfin. Comment avait-elle pu oublier ?

Sur le mur, une photo en noir et blanc, une danseuse étoile en plein vol.
Tant de fois, elle s’était demandé, enfant, qui pouvait être cette fille si belle et gracieuse, tant de fois elle s’était demandé à quoi pouvait bien penser cette ange qui semblait venir d’ailleurs, ce qu’elle pouvait ressentir lorsque les yeux étaient posés sur elle.
Bien des années plus tard elle le sait enfin.

Cet instantané pris par un photographe de passage, ce saut, n’est que le saut de la liberté. Cette fille qui danse est libre. La foule qui la regarde, admirative, les applaudissements, le crépitement des flashs, rien n’existe pour elle. Elle se situe dans un autre monde, la musique est le pont qui la relie à cet univers inaccessible au commun des mortels. Chaque geste, chaque pas d’une danseuse, n’est que transe. Libre de toute contrainte, même de la gravité. Mais danser ne signifie pas seulement être libre.

Danser est ce qui lui permet d’ être en vie.

Les danseuses sont pareilles à des boxeurs. 
Les sacrifices, les souffrances, l’effort, tous ce que nous jugeons, nous, comme des peines qu’ils s’infligent ne sont rien d’autres pour eux qu’une preuve de leur existence. Ils veulent se prouver qu’ils existent, qu’ils vivent et n’ont trouvés comme moyen d’exprimer cette ambition que leur sport, leur art et la souffrance qu’il exige.
Lorsqu’ils montent sur un ring, ou quand elles sont sur scène, alors que tant de gens s’extasient, eux ne rêve que d’une chose alors, atteindre la perfection. Ce moment indescriptible où ils auront décocher la droite parfaite où effectuer le saut de l’ange parfait.

Ce moment où cette danseuse et la grâce ne feront plus qu’un, où rien autour d’elle n’existera plus, où pour l’éternité un morceau d’elle-même restera en suspension… ou sur le mur d’une petite fille.

Elle sort de la pièce qu’elle referme doucement, descend les escaliers et sort de sa maison d’enfance.

Le soleil est en train de se coucher, elle ne sait plus trop combien de temps s’est écoulé dans cette chambre, dans ce voyage vers le passé, lorsqu’une petite fille arrive à sa hauteur.
Timide, celle-ci lui tend un bout de papier.

-« Madame s’il vous plaît, je pourrais avoir un autographe ? »

Elle lui sourit

-« Bien sûr ! Comment t’appel tu ? »

-« Léa, j’ai 7 ans ! »

Elle sourit à nouveau et signe sur le papier : « Pour la plus jolie Léa. Aurélie. »
Elle se penche et lui fais un bisou en lui rendant le sésame qu’elle espérait tant.

-« Merci madame. Vous savez quand je serais plus grande je veux devenir une danseuse ! Comme vous ! »

Et tandis que Léa s’en va rejoindre en courant sa maman qui l’attend, Aurélie la regarde.
Pour la deuxième fois de la journée elle pleure…

dimanche 20 décembre 2015

Mes amies


Mes Amies



  
Suis-je idiote ? Naïve ou stupide de croire en notre histoire, en notre amour ?
Hier, mes amies m’ont faite face, toute autant qu’elles sont, pour me dire qu’elles étaient contre ma décision, contre le fait que je veuille te donner une nouvelle chance, nous donner une suite.

Je les aime toutes, ce sont mes amies et je les respecte.  Aussi  les voir unanimes pour te juger, faire ton procès, a, je le confesse, ébranlé mes certitudes.

Pourquoi ne vois-je pas le démon que tu sembles être à leurs yeux ?

Simplement parce que leurs yeux n’ont pas plonger aussi intensément et profondément dans les tiens que mon regard a pu le faire.
Parce qu’elles n’ont pas vu tes larmes et ta souffrance. Parce qu’elles ne voient pas ta fragilité quand tu montres ton côté dur, elle ne ressente pas l’amour que tu me porte quand tu es si froid avec les autres. Ces autres qui t’importe peu du moment que tu es à mes côtés.

Elles n’entendent pas non plus les paroles que tu me susurres à l’oreille, elles ne sentent pas la chaleur de ton corps quand tu me prends tous les soirs dans l’obscurité de notre chambre, seuls au monde que nous sommes alors.
La douceur de ta main qui sert la mienne quand nous nous baladons, elles ne la ressentent pas.

Alors bien sûr tu n’es pas parfait, bien sûr notre histoire a été compliquée.

Tu m’as faite souffrir et pleurer, tu m’as parfois mal aimé, mais jamais n’as été violent physiquement et jamais ton intention était de me détruire.
Simplement, tu es toi et je suis moi, et il arrive parfois que deux être qui s’aiment se fassent du mal par leurs différences, leurs incompréhensions mutuelles.

Ma souffrance était, à ce moment-là, telle, que j’ai décidé de te quitter… pour m’apercevoir que ton absence était pire que ta présence,  que respirer sans toi n’était plus possible.

Alors nous avons décidé que notre amour, toujours bel et bien présent malgré tout, méritait mieux et nous avons parlé.
Parlé encore et encore, comme si après tout ce temps nous commencions seulement à nous connaître.

Une chose inattendue s’est alors produite. Au fur et à mesure de nos conversations, ce n’était plus seulement l’autre que nous apprenions à connaitre et comprendre mais également nous-mêmes. Nous avons appris de l’autre autant que de nous-mêmes et acceptés nos côtés sombres respectifs, nos fragilités, car, grosse surprise, si tu n’es pas parfait je ne le suis pas non plus.

Ensemble donc, nous avons en quelque sorte grandit et sommes plus fort aujourd’hui, individuellement et réuni tout à la fois.

Alors bien sûr je n’ai aucune garantie que nous passerons le reste de notre vie ensemble.
Je ne crois pas, du reste, à l’amour éternel. Bien sûr la vie va se faire un plaisir de nous mettre des embûches sur la route, mais pour  toutes les raisons évoquées et bien plus encore, j’ai envie de croire en nous une nouvelle fois, une ultime fois.
A vous, mes amies, qui semblaient désapprouver mon choix, au point, parfois, de me juger, je vous dirais alors ceci : Je vous aime profondément et sincèrement, je vous respecte en tant que femmes et personnes à part entière et serait toujours là pour vous, mais si vous me demandez de choisir entre lui et vous, je le choisirais.

Je le choisirais parce qu’il est le premier à se battre pour moi, le premier avec qui j’ai envie de croire que je mérite d’être heureuse. 
Si cela peut vous rassurer, soyez tranquille, je m’engage sereinement sur cette route qui me mène vers une destination inconnue. Je suis sereine car avec lui je n’ai plus peur de m’y engager, plus peur du vide.  

Comme le disait Alfred de Musset :

- « On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière et on se dit : j'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui.» Alfred de Musset, On ne badine pas avec l'amour (1834)

vendredi 18 décembre 2015

Miroir



Miroir









Une Grande pièce vide, les murs peints en blanc avec les moulures d’un plafond tout aussi maculé au dessus de sa tête.

Le parquet marron, si laqué qu’elle peut y voir son reflet, craque sous ses pieds. 

Au milieu, une glace géante trône avec son cadre fais de bois toujours blanc. Il est usé. Combien de reflet à t’il vu, elle ne le sait pas. 

A vrai dire, elle ne connaît pas cet endroit non plus, mais elle n’est pas inquiète. Elle s’approche lentement du miroir.
Au moment où elle s’y voit, elle se fige.

Quelle est cette personne, cette jeune fille en fleur. Son regard dans un premier temps lui semble familier mais elle ne le reconnaît pas tout de suite. Progressivement elle se souvient…

Sa main rejoint lentement ce visage, elle le caresse, les yeux dans le vide. Lentement, elle enlève les bretelles qui retiennent sa robe de nuit.
Lorsqu’elle tombe à ses pieds nu, son corps  se dévoile devant ses yeux, cette peau douce, ferme et blanche, ces seins dessinés, ces courbes si parfaite que l’on penserait que dieu lui-même les a créés.
Elle parcourt ce corps qui lui semble si étranger et qui provoque un mélange de désir et d’envie. Les souvenirs refont surface.
C’était l’époque de ses vingt ans, lorsque le printemps annonçait les beaux jours, les jupes courtes, l’amour à la plage avec celui qu’on aime. C’était l’époque où les yeux se posaient sur elle comme sur un gâteau au chocolat qu’elle aimait tant, où ses larmes pouvaient émouvoir quelqu’un…

Soudain le miroir se brouille, ce corps si parfait et désirable se flétrie, ces cheveux si lisse et brun devienne gris et échevelés. La peau ferme laisse place aux rides et à la flétrissure. Seul les yeux ne change pas, seul son regard effrayé par le spectacle de la vieillesse reste aussi pur et jeune.

Elle titube, part en arrière devant ce spectacle si atroce, ses mains empoignent ses cheveux comme pour les arracher, afin qu’ils disparaissent puis repoussent, tel le Phoenix
, aussi beau qu’avant.
Elle perd l’équilibre en hurlant des cris d’épouvante devant l’image de son futur. Elle tombe et se cogne la tête sur le sol.

Elle se réveille en sursaut, le souffle court, il lui faut quelques instant pour réaliser.

Ce n’était qu’un rêve, la voilà revenue dans son lit et sa couette, douillette et rassurante, la recouvre. Dans le noir elle parvient à dissocier la forme de son mari profondément endormi. Ses poignées d’amour et sa calvitie naissante lui saute aux yeux plus que de coutume.
Elle regarde l’heure affichée par son réveil. 6h15, dans un quart d’heure il faudra se lever pour préparer le petit déjeuner des enfants…

Après avoir repris son souffle, elle repose sa tête sur son oreiller, les yeux fixés au plafond…

«  Où est passé ma jeunesse, se dit-elle, où sont passés mes rêves ? Ce corps si beau qui n’étais que le mien voilà des années à disparue et toute mes joies et mes illusions avec. »

Elle se retourne vers son mari qu’elle n’aime plus vraiment et comprend…

« Est-il trop tard ? »…..